Rosalyn Engelman a rencontré son mari, Irwin, en 1953 lors d’un rendez-vous arrangé à l’aveugle. Elle avait 15 ans, lui 19. Trois ans plus tard, en novembre 1956, ils se sont mariés. Aujourd’hui, ce couple new-yorkais vit en résidence assistée, après près de 70 ans de vie commune.
Pour cette artiste, qui a construit sa vie avec un homme d’affaires, ce n’est ni la fréquence des disputes ni les différences de caractère qui prédisent le plus souvent l’échec d’une relation. Selon elle, un critère essentiel est la présence d’un certain type de critique dans le couple, qu’elle qualifie de destructrice. Ce mode de communication, dit-elle, peut finir par éroder l’amour et la confiance si il n’est pas évité.
Les petits gestes qui renforcent une relation
Au fil des années, Rosalyn Engelman et son mari ont traversé plusieurs étapes : déménagements, carrières, éducation de leurs deux filles. Ils ont aussi instauré des rituels simples. Elle raconte qu’ils se disent toujours « je t’aime » et s’embrassent le matin au réveil, ainsi qu’avant de dormir. Elle insiste sur le fait que chaque geste d’amour ou de gentillesse contribue à renforcer leur lien.
Elle précise également n’avoir jamais ressenti de ressentiment face aux longues heures de travail de son mari, ni à ses remarques sur sa peinture, qu’elle portait souvent tout en étant couverte de peinture. Leur relation s’est construite sur la bienveillance et le respect mutuel.
Les relations qui se délitent
De l’extérieur, il est parfois évident que certains couples traversent des crises ou se délestent peu à peu. Rosalyn Engelman, en observant ces histoires, a pu identifier un signe annonciateur de rupture : une critique incessante et destructrice.
Le premier « red flag » : la critique qui rabaisse
Pour Rosalyn, le vrai drapeau rouge est une critique non constructive, visant à détruire ou humilier l’autre. Ce ne sont pas des remarques visant à aider ou à faire progresser, mais des attaques qui piquent, humiliant ou diminuant la personne. Elle donne l’exemple de remarques sur un plat préparé avec soin ou sur la tenue vestimentaire, formulées pour faire mal plutôt que pour améliorer.
Ce type de critique répétée rend la maison peu sûre, alors qu’elle devrait être un refuge. Ces micro-humiliations, si elles s’accumulent, peuvent éroder la confiance et l’amour dans le couple.
Une remarque blessante : un manque de considération
Selon la psychologue Sabrina Romanoff, interrogée par CNBC, ce genre de critique non constructive montre que l’on ne prend pas au sérieux le besoin de l’autre. Se justifier par « je fais preuve d’honnêteté » après une remarque blessante revient à légitimer le mépris ou la dévalorisation.
Pour elle, la gentillesse est une qualité essentielle dans une relation. Elle permet de bâtir une confiance solide, indispensable face à la cruauté du monde. Critiquer pour rabaisser fragilise cette confiance, ce qui peut entraîner une hypervigilance, une baisse de l’estime de soi, voire des troubles comme l’anxiété ou des problèmes de sommeil.
