2 juillet 2026

Le syndrome du coucher de soleil : pourquoi votre proche devient agité en soirée

Lorsque la journée touche à sa fin, certaines personnes atteintes de démence deviennent soudainement plus agitées, anxieuses ou désorientées. Ce phénomène, appelé syndrome du coucher de soleil ou syndrome crépusculaire, est encore peu connu. Mais pourquoi survient-il en fin de journée ? Quels sont les signes à surveiller ? Et existe-t-il des moyens de réduire ces épisodes ? Le Dr Pascal Chaine, neurologue, apporte des éclairages.

Syndrome crépusculaire : de quoi s’agit-il ?

Le Dr Pascal Chaine explique que « le syndrome crépusculaire correspond à une manifestation d’agitation ou d’angoisse qui apparaît à la tombée de la nuit, principalement chez les personnes atteintes de démence ». Selon une psychologue britannique spécialiste de la démence, Kellyn Lee, cette situation peut aussi survenir à différents moments de la journée, même si elle est surtout observée dans l’après-midi.

Il précise également que ce syndrome ne concerne pas uniquement Alzheimer. « On peut aussi l’observer dans d’autres pathologies neurodégénératives ou cardiovasculaires », indique-t-il.

Quels sont les signes et symptômes à reconnaître ?

Le syndrome crépusculaire se manifeste par une agitation à la fois physique et psychique. La personne concernée peut :

  • Devenir irritable, nerveuse, impulsive ou méfiante, voire agressive,
  • Voir ou entendre des hallucinations,
  • Avoir des idées délirantes,
  • Errer dans la maison ou faire les 100 pas, sans pouvoir se calmer,
  • Essayer de quitter son domicile sans raison apparente,
  • Avoir du mal à comprendre ce qu’on lui dit,
  • Adopter des comportements répétitifs (gestes, phrases ou questions),
  • Se désorienter dans le temps ou l’espace,
  • Exprimer le souhait de rentrer chez elle ou de partir d’ici.

Ces symptômes peuvent commencer dès la fin d’après-midi.

Quelles en sont les causes ?

Le Dr Chaine indique que « le syndrome crépusculaire est multifactoriel ». Il peut résulter d’une accumulation excessive de sommeil durant la journée, d’une faible exposition à la lumière du jour, ou encore d’une inquiétude liée au sommeil. La désorientation, la nervosité et l’angoisse apparaissent alors lorsque la personne se retrouve seule le soir, à la nuit tombée.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de Laval évoque également d’autres causes possibles, telles que la faim ou la soif, la déshydratation, la fatigue mentale ou physique, un environnement sombre avec des ombres qui créent confusion et anxiété, l’inversion du cycle sommeil-éveil, la consommation d’aliments stimulants, ou encore l’ennui et l’inactivité durant la journée.

Comment prévenir ce syndrome ?

Pour limiter l’apparition du syndrome crépusculaire chez les personnes atteintes de démence, le Dr Chaine recommande plusieurs stratégies :

Réduire les siestes en journée

En limitant la durée et la fréquence des siestes, on peut diminuer l’excitation en fin de journée. Il est conseillé d’encourager des activités telles que faire des courses, marcher dans le quartier, ou pratiquer des activités sociales ou sportives (danse, jeux de société, bénévolat…).

Augmenter l’exposition à la lumière naturelle

Il faut veiller à ce que la personne ne passe pas toute la journée dans l’obscurité, ce qui perturberait son rythme circadien. Des activités en extérieur, comme des promenades ou du jardinage, sont recommandées. L’utilisation d’un dispositif de luminothérapie peut également être envisagée.

Après le coucher du soleil, il est utile de maintenir une bonne luminosité dans le lieu de vie avec des lumières douces. La nuit, une veilleuse peut aussi aider à rassurer la personne.

Entourer la personne en début de soirée

Pour réduire l’angoisse en fin de journée, il est conseillé de prévoir des activités calmes : dîner, regarder un film ou jouer à un jeu tranquille en famille. L’isolement peut augmenter les symptômes, il faut donc privilégier la présence rassurante de l’entourage, qui doit rester calme, rassurant et bienveillant.

Si le syndrome crépusculaire est déjà installé, une consultation auprès du médecin généraliste ou d’un psychiatre est recommandée.

Le Dr Pascal Chaine souligne enfin l’importance d’un accompagnement médical adapté pour gérer ces épisodes.

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