Pourquoi le « parallel play » pourrait sauver votre couple sans que vous en soyez conscients
Un soir de semaine, vous êtes confortablement installé sur le canapé, absorbé par une série sur votre tablette. Votre partenaire lit ou fait défiler son téléphone à côté de vous. Vous échangez quelques mots, voire pas du tout, et vous vous demandez si cela pourrait être un signe de tension dans votre relation. Selon la psychologue Mark Travers, qui écrit pour Forbes, ce comportement porte un nom : parallel play, ou « jeu parallèle ». Et il pourrait en réalité renforcer votre couple plutôt que le fragiliser.
La bonne nouvelle, c’est que vous pratiquez peut-être déjà ce parallel play couple sans le savoir. Partager le même espace tout en étant chacun dans son activité permet de préserver votre identité, d’éviter le burn-out émotionnel et d’apprivoiser les silences. La question essentielle n’est pas « parle-t-on assez ? », mais plutôt : ce temps côte à côte est-il choisi, apaisant, ou chargé de tensions non exprimées ?
Le concept d’enfant qui protège les adultes : le parallel play
Ce terme trouve ses origines dans les travaux de la psychologue américaine Mildred Parten, qui en 1932 a observé des enfants jouant côte à côte, concentrés sur leurs jouets sans vraiment interagir. Transposé à la vie de couple, le parallel play désigne le fait d’être dans la même pièce, chacun occupé par son livre, ses mails ou ses jeux vidéo, sans obligation de parler, mais avec un sentiment de proximité et de sécurité.
Ce mode d’être « seuls ensemble » permet de rééquilibrer intimité et indépendance. Selon Mark Travers, il aide à éviter la dépendance émotionnelle excessive. Des recherches publiées dans le Journal of Personality and Social Psychology évoquent un phénomène appelé « Relationship-contingent self-esteem » : lorsque l’estime de soi dépend entièrement de la relation, chaque conflit devient une menace. En conservant des centres d’intérêt personnels tout en restant proches physiquement, le parallel play offre à chacun un espace d’expression, rendant le lien plus solide.
Silence, écrans et parallel play : quand « ne rien faire » peut sauver la relation
Le silence choisi, simplement pour le plaisir d’être ensemble, est associé à des émotions positives, moins de négativité et à une proximité accrue dans le couple, révèle une étude publiée en 2024 dans la revue Motivation and Emotion. Ce silence intérieur, motivé par le désir de partager un moment calme, ressemble à un parallel play réussi : chacun est occupé, l’atmosphère est sereine, et la possibilité de parler reste ouverte à tout moment.
En revanche, ce même silence peut devenir néfaste s’il sert à éviter un conflit ou à punir l’autre. Sur un site de conseils conjugaux, il est rappelé que passer des heures côte à côte devant des écrans, tout en se sentant seul ou en ayant des conversations superficielles, traduit plutôt une coupure émotionnelle. Le critère déterminant reste la sensation corporelle : se sentir détendu et libre de rompre le silence, ou ressentir une tension et une peur de déranger.
Mettre en place un parallel play qui protège votre relation
Le parallel play présente un avantage majeur : il réduit la pression d’être constamment disponible émotionnellement. Dans un monde saturé de sollicitations, vouloir tout partager peut devenir épuisant. Consacrer 30 à 45 minutes par semaine à être « ensemble mais chacun dans sa bulle » permet de se ressourcer, tout en satisfaisant deux besoins fondamentaux : l’autonomie et le sentiment d’appartenance.
Pour que cette pratique soit bénéfique, il est conseillé de la nommer clairement. Par exemple, proposer un créneau hebdomadaire de parallel play, en choisissant ensemble la durée et les activités. Un court échange avant et après, même en quelques minutes, évite que ces moments ne remplacent de véritables discussions. Il est également important de prévoir des moments où l’on se consacre totalement à l’autre, sans écran ni distraction, pour maintenir un bon équilibre.
