16 octobre 2026

Parent strict ou indulgent : le choc des méthodes éducatives

Un père strict et une épouse indulgente : une réflexion sur l’éducation

Pendant plusieurs années, un coach parental britannique, qui a partagé son expérience dans The i Paper, se considérait comme un parent strict. Il appliquait des mesures telles que le retrait des écrans, la marche de la honte à la manière de Supernanny, et multipliait les sanctions. Convaincu de ses méthodes, il rencontrait cependant de nombreux désaccords avec sa femme, très indulgente.

De son côté, son épouse trouvait ces punitions inutiles et démoralisantes pour les enfants. En observant leurs réactions et l’impact sur la vie de famille, il a fini par comprendre que ni l’une ni l’autre de ces approches n’était la solution idéale. Il explique aujourd’hui que la clé réside dans une méthode commune, basée sur la décision collective, l’expérimentation, puis la réparation en cas d’erreur.

Attention à ne pas se contredire devant l’enfant

Dans de nombreux foyers, un parent joue le rôle du « méchant », celui qui impose les limites, tandis que l’autre protège la liberté de l’enfant. Certains craignent de « traumatiser » ou de créer un enfant-roi incapable de faire face au monde. Quoi qu’il en soit, il est conseillé de ne pas se contredire devant l’enfant en cas de désaccord. Cela pourrait le faire se sentir coupable du conflit, alors que le vrai enjeu est l’union des parents.

Interdire un écran : une décision à réfléchir

Alex Trippier, coach britannique, raconte qu’il était persuadé de ses méthodes, jusqu’au jour où il a commencé à changer de point de vue. Selon lui, la question essentielle n’est pas « est-ce que c’est interdit ? », mais « est-ce que ça fonctionne ? ».

Il a constaté qu’après une punition, certains enfants se sentaient condamnés pour un « crime » imaginaire, d’autres devenaient blasés et sans remise en question. Ces méthodes ne donnaient pas de résultats durables. À partir de là, le couple a commencé à considérer chaque règle comme une hypothèse à tester dans le temps, par exemple : « Pendant deux semaines, si les devoirs ne sont pas faits, telle conséquence s’applique« .

Une nuance importante soulignée par le coach est que ce qui est facile à interdire, c’est souvent parce que celui qui décide n’assume pas la gestion de la crise qui en découle.

Une méthode en 4 étapes pour désamorcer les conflits éducatifs

Le coach propose un protocole simple pour apaiser les désaccords dans le couple autour de l’éducation. Il recommande tout d’abord d’éviter de blâmer l’autre parent en le qualifiant de « mauvais parent ». Ensuite, il conseille de mettre en place un compromis expérimental sur 14 jours, puis de faire un bilan après cette période. Enfin, il faut prévoir une nouvelle discussion pour ajuster si nécessaire.

Le coach ajoute qu’il est utile, quand la situation devient difficile, de proposer à l’autre de prendre le relais. En cas de colère ou de tension, il recommande aussi de ne pas intervenir immédiatement, sauf en cas de danger, mais de laisser redescendre tout le monde pour mieux revenir en discussion. Selon lui, la réparation est essentielle, car même les parents très équilibrés ne sont en phase avec leur bébé qu’environ un tiers du temps. Ce qui compte, c’est la capacité à se remettre en question et à communiquer après un conflit.

Sa plus grande prise de conscience a été lorsqu’il a entendu sa femme lui dire que leur enfant pensait qu’il ne l’aimait pas. Il a compris que sa dureté ne favorisait ni le respect ni l’autonomie, mais créait une distance. C’est à partir de ce moment qu’ils ont commencé à chercher ensemble des règles éducatives efficaces, pour leur couple comme pour leurs enfants.

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