Une baisse significative de la testostérone chez les hommes
Selon une étude récente, le taux moyen de testostérone chez les hommes aurait diminué de près de 50 % en cinquante ans. Cette conclusion provient d’une méta-analyse présentée le 7 juillet lors d’un congrès à Londres, organisé par la Société européenne de reproduction humaine et d’embryologie. Les chercheurs ont observé une baisse annuelle d’environ 1 % de cette hormone essentielle. Ce phénomène soulève de nombreuses questions, notamment sur la santé reproductive et le bien-être masculin.
Ce déclin ne concerne pas uniquement la libido : la testostérone joue aussi un rôle dans la fertilité, le métabolisme, la santé des os et l’équilibre général de l’organisme. La baisse de cette hormone pourrait donc avoir des conséquences plus larges sur la santé des hommes.
Une méta-analyse pour comprendre cette évolution
Les chercheurs ont analysé plus de 8 600 études, pour n’en retenir que 12, regroupant au total 102 334 hommes dans sept pays. Ces travaux, réalisés entre 1972 et 2019, montrent que la testostérone totale diminue en moyenne de 0,26 nmol/L chaque année. La tendance est encore plus marquée après 2000. La baisse concerne aussi la testostérone libre, la forme directement utilisable par le corps, ainsi que la SHBG, une protéine qui transporte l’hormone dans le sang. Autrement dit, ces trois indicateurs évoluent dans le même sens, pointant vers une diminution globale de la testostérone chez les hommes modernes.
Une baisse pouvant atteindre 50 % en cinquante ans
En extrapolant cette baisse annuelle sur plusieurs décennies, cela représenterait une diminution moyenne pouvant atteindre la moitié des niveaux observés dans les années 1970. Toutefois, il est important de noter que cette moyenne ne reflète pas forcément la situation individuelle. Le taux de testostérone varie fortement selon l’âge, le poids, l’état de santé ou encore le mode de vie. La mesure de la testostérone totale seul ne suffit pas pour diagnostiquer un déficit, qui doit être évalué en tenant compte des symptômes et du contexte médical.
Les causes et les implications de cette chute
Les principaux facteurs de cette baisse semblent être l’âge et certains modes de vie. L’obésité, par exemple, favorise la transformation de la testostérone en œstrogènes, ce qui peut réduire son niveau. Le diabète est également mentionné comme un facteur aggravant. Cette tendance s’inscrit dans un contexte plus large de dégradation de la santé reproductive masculine, comme le montrent d’autres études sur la diminution du nombre de spermatozoïdes dans le monde.
Selon Hagai Levine, épidémiologiste et coauteur de l’étude, cette évolution représente « une crise majeure en matière de santé reproductive masculine », encore trop peu prise en compte. Il rappelle que « la santé reproductive est un indicateur très important de la santé générale ». La pollution, l’exposition aux produits chimiques, les changements climatiques ou encore les habitudes de vie modernes pourraient contribuer à fragiliser cet équilibre hormonal.
