4 juin 2026

« Je suis comme ça » : cette phrase qui détruit vos relations sans que vous le sachiez

Une phrase courante qui cache un problème émotionnel

Il est fréquent d’entendre la phrase « Je suis comme ça » pour mettre fin à une discussion qui devient tendue. Sur le moment, cette formule semble anodine. Pourtant, selon la psychologue américaine Cortney S. Warren, citée par le magazine Psychologies, ces expressions répétées peuvent révéler un manque d’intelligence émotionnelle et un ego trop centré sur soi. Cela peut fragiliser les relations sans que l’on s’en aperçoive.

Différence entre intelligence cognitive et émotionnelle

Le QI évalue les capacités logiques, tandis que l’intelligence émotionnelle concerne la capacité à percevoir, comprendre et gérer ses émotions ainsi que celles des autres. Lorsqu’elle est faible, les réactions tendent à être plus égocentriques : insensibilité aux sentiments d’autrui, débordements émotionnels, difficulté à s’adapter. La bonne nouvelle, c’est que cette compétence peut être améliorée, à condition d’identifier les phrases qui la trahissent.

Les clés de l’intelligence émotionnelle

Le psychologue Daniel Goleman, auteur de « Emotional Intelligence », évoque cinq piliers : la conscience de soi, la maîtrise de soi, la motivation, l’empathie et les compétences sociales. Quand ces aspects sont peu développés, l’autre devient vite perçu comme un obstacle. Selon Kendra Cherry, spécialiste en réhabilitation psychosociale, les personnes émotionnellement intelligentes réfléchissent avant d’agir ou de parler selon leurs sentiments. Elles savent aussi écouter leurs émotions sans qu’elles prennent le dessus.

Elle cite également Aristote pour rappeler qu’il est facile de se mettre en colère, mais plus difficile de le faire pour de bonnes raisons et au bon moment.

Les phrases qui trahissent un égocentrisme marqué

Dans un article pour CNBC, Cortney S. Warren a listé sept phrases qui indiquent un faible quotient émotionnel :

  • « Je ne vais pas changer, je suis comme ça. »
  • « Ça ne m’intéresse pas de savoir ce que tu ressens. »
  • « C’est de ta faute si je me sens comme ça. »
  • « Tu as totalement tort. »
  • « Tu agis comme un fou. »
  • « Je ne vais pas pouvoir te pardonner. »
  • « Ce que tu ressens n’a aucun sens. »

Ces expressions ont en commun de recentrer la conversation sur soi et d’invalider l’émotion de l’autre. Affirmer qu’on ne changera jamais ferme la porte à la discussion. Accuser l’autre de la responsabilité de ses sentiments évite de reconnaître ses propres parts dans le conflit. Enfin, qualifier l’émotion de l’autre de « folie » ou lui dire que ce qu’il ressent n’a « aucun sens » tend à faire taire la personne plutôt qu’à désamorcer la situation.

Adopter un langage émotionnellement intelligent

Changer ces habitudes ne signifie pas tout accepter ni s’effacer. Il s’agit plutôt d’adopter un autre regard. Par exemple, au lieu de dire « Je ne vais pas changer, je suis comme ça », on peut dire : « Je suis conscient que ce trait peut poser problème, je vais faire un effort ». Lors d’un conflit, au lieu de déclarer « C’est de ta faute si je me sens comme ça », il est préférable de dire : « Je me suis senti blessé·e par ce qui s’est passé, j’aimerais qu’on en parle ». Cela permet d’exprimer ses émotions sans accuser.

Il est aussi utile de valider ce que l’autre ressent avant de poser ses limites. Par exemple, dire « Je vois que tu es vraiment en colère, parlons-en quand on sera plus calmes » remplace des insultes ou des accusations. De même, plutôt que de dire « Je ne vais pas pouvoir te pardonner », on peut expliquer : « J’ai besoin de temps, mais je souhaite qu’on trouve une solution ». Prendre quelques secondes pour réfléchir à ce que l’autre ressent à cet instant favorise l’empathie et réduit le manque d’intelligence émotionnelle.

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