Une nouvelle étude souligne l’importance de la santé des futurs pères sur le développement de leurs bébés. Jusqu’à présent, la responsabilité principale en matière de santé prénatale reposait souvent sur les femmes, notamment leur alimentation, leur consommation de substances ou leur mode de vie. Cependant, des chercheurs ont montré que celle des hommes joue également un rôle crucial.
Les facteurs liés à la santé du père
Leur étude, réalisée par l’Université de Southampton et plusieurs partenaires internationaux, a analysé des travaux issus des sciences biologiques, comportementales et sociales. Elle révèle que le poids, l’âge et la consommation de substances (alcool, drogues, tabac) du futur père peuvent avoir des effets directs sur le développement du nourrisson. Dans certains cas, ces influences sont même plus importantes que celles de la mère.
Par exemple, une recherche chinoise menée en 2021 a montré qu’un père qui consomme de l’alcool avant la conception augmente de 35 % le risque de malformations congénitales chez l’enfant. Une autre étude chinoise de 2022 a indiqué que l’obésité ou le surpoids du père pouvait aggraver le risque de complications durant la grossesse, comme le diabète gestationnel ou l’hypertension, affectant la mère et le bébé. De plus, une étude scandinave de 2018 a établi un lien entre l’âge avancé du père, notamment au-delà de 45 ans, et un risque accru d’autisme chez l’enfant.
Les antécédents du père
Les chercheurs insistent également sur l’impact des expériences vécues par le père dans sa jeunesse. Le stress, la santé physique ou mentale, l’environnement ou encore l’éducation reçue peuvent influencer sa santé reproductive. Une étude suédoise de 2018, portant sur plus de 11 000 hommes, a montré que la suralimentation durant l’enfance augmentait le risque de mortalité par diabète chez leurs fils.
La santé mentale et les comportements
Les comportements sociaux et psychologiques des futurs pères jouent aussi un rôle important. Une mère qui perçoit son partenaire comme engagé est moins susceptible de souffrir de dépression post-partum. Par ailleurs, une méta-analyse australienne de 2023 a révélé que la dépression paternelle pouvait augmenter de 42 % le risque de dépression chez l’enfant.
Les scientifiques soulignent que ces résultats montrent la nécessité d’adopter une approche plus inclusive lors des soins prénataux. Il est essentiel de sensibiliser les hommes à l’impact de leur mode de vie sur la santé de leur futur enfant, dès la préparation à la parentalité.
