31 mars 2026

Fertilité masculine : Éjaculer souvent boosterait vos chances selon Oxford

Une nouvelle méta-analyse menée par l’université d’Oxford remet en question les recommandations classiques concernant l’abstinence avant un spermogramme ou une fécondation in vitro (FIV). Selon les chercheurs, éjaculer plus fréquemment pourrait améliorer la fertilité masculine.

Une pratique à nuancer

Traditionnellement, il est conseillé aux hommes de s’abstenir plusieurs jours avant un test de fertilité ou une FIV, afin d’augmenter la quantité de spermatozoïdes. Cependant, l’étude publiée le 25 mars 2026 dans la revue Proceedings of the Royal Society B suggère que cette pratique pourrait ne pas être optimale. En effet, le sperme stocké trop longtemps dans l’organisme perd en qualité, indépendamment de l’âge de l’homme.

Les résultats de l’étude

Pour parvenir à ces conclusions, l’équipe d’Oxford a analysé 115 études portant sur 54 889 hommes, ainsi que 56 études sur 30 espèces animales non humaines. Leur objectif était d’étudier l’impact du stockage des spermatozoïdes sur leur état de santé et leur performance.

Les chercheurs ont constaté que des périodes d’abstinence prolongées entraînent davantage de dommages à l’ADN, un stress oxydatif accru, ainsi qu’une baisse de la motilité et de la viabilité des spermatozoïdes. Ces effets négatifs ont également été observés chez plusieurs espèces animales, allant des insectes aux mammifères.

Un petit gain de fertilité

Selon la biologiste Rebecca Dean, coauteure de l’étude, « nos résultats montrent que des éjaculations plus fréquentes peuvent apporter un petit mais significatif gain de fertilité ». La raison principale réside dans le fait que les spermatozoïdes très actifs s’épuisent rapidement et ont peu de capacités de réparation. Lorsqu’ils sont stockés trop longtemps, ils s’altèrent plus facilement.

Ces conclusions remettent en question les pratiques actuelles, notamment celles de l’Organisation mondiale de la santé, qui recommande généralement de s’abstenir de 2 à 7 jours avant un recueil de sperme. Cette règle vise surtout à maximiser la quantité de spermatozoïdes, mais pas nécessairement leur qualité. Selon le biologiste Krish Sanghvi, « l’abstinence n’est pas toujours bénéfique, car elle conduit à une détérioration de la qualité du sperme ». Les experts insistent donc sur la nécessité de trouver un équilibre entre quantité et qualité.

Des spermatozoïdes « plus récents »

Cette étude s’inscrit dans une série de travaux montrant que la fréquence des éjaculations pourrait influencer la réussite des techniques de procréation assistée. Un récent essai clinique relayé par The Guardian indique que le taux de grossesse en FIV atteint 46 % lorsque les hommes ont éjaculé dans les 48 heures précédentes, contre 36 % pour ceux respectant les délais recommandés par l’OMS.

L’hypothèse avancée est que des éjaculations régulières permettent d’éliminer les spermatozoïdes les plus anciens et potentiellement endommagés, laissant place à des cellules plus « récentes » et plus performantes.

Des recommandations à adapter

Malgré ces résultats prometteurs, les chercheurs soulignent qu’il n’est pas conseillé d’abandonner complètement l’abstinence. Leur étude ne montre pas un effet systématique sur la fécondation naturelle. De plus, un délai trop court entre deux éjaculations peut réduire le nombre de spermatozoïdes disponibles, le temps que l’organisme en produise de nouveaux.

Pour les couples en démarche de conception, il est donc important de trouver un juste équilibre, idéalement en consultation avec un professionnel de santé. Ces travaux contribuent également à faire évoluer la perception de la fertilité masculine, longtemps considérée comme stable, alors qu’elle semble plus sensible à divers facteurs, comme l’environnement, le mode de vie, et désormais, la durée de stockage du sperme.

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