12 mars 2026

Crise énergétique : vos courses vont encore grimper

Le prix de l’essence et du gaz en forte hausse commence à avoir des répercussions sur le prix de vos courses. La récente flambée du pétrole et du gaz, due notamment au blocus du détroit d’Ormuz, intervient alors que 2026 devait être une année plus calme pour l’évolution des prix alimentaires.

Au début du mois de mars, les négociations entre industriels et distributeurs ont abouti à une hausse moyenne d’environ 1 % dans les rayons. Ce chiffre est considéré comme raisonnable, surtout après deux années où les prix en supermarché ont augmenté de plus de 20 %. Cependant, cette promesse de stabilité est fragile. Quand l’énergie s’enflamme, tout peut changer. La question qui se pose est : que se passerait-il si le prix du blé suivait la même trajectoire ?

Une hausse des prix alimentée par la crise énergétique

En quelques jours seulement, le prix du baril de Brent est passé d’environ 73 dollars (près de 67 €) à plus de 92,7 dollars (environ 85 €), soit une hausse de plus de 30 %. Sur le marché européen, le prix du gaz TTF a presque doublé depuis le début de l’année, atteignant 60-65 € le MWh. Le prix du gaz pour les ménages français a déjà augmenté de 5,3 % au 1er mars. Cette hausse est liée à la paralysie partielle du détroit d’Ormuz, un passage clé pour le pétrole et le gaz liquéfié mondial.

Cette énergie est essentielle à la chaîne alimentaire. L’industrie agroalimentaire consomme beaucoup de gaz pour faire fonctionner ses usines, cuire, stériliser, surgeler, stocker et transporter les produits. La fabrication des emballages, comme le plastique, le carton ou le verre, utilise également beaucoup d’énergie. Olivier Dauvers souligne que la hausse du pétrole et du gaz impactera inévitablement les prix en supermarché.

Comment l’énergie influence les prix en supermarché

Les coûts énergétiques touchent directement l’agriculture. Près d’un quart de l’énergie consommée dans le système alimentaire européen sert à faire fonctionner les machines ou à produire des engrais à base de gaz naturel. Les grandes cultures comme le blé ou le maïs dépendent fortement de ces intrants. Le blé, par exemple, ne sert pas seulement à faire du pain ou des pâtes, il constitue aussi la base de l’alimentation des porcs et des volailles. La hausse des coûts énergétiques se transmet donc à la viande et aux œufs, comme cela a été observé lors du début du conflit en Ukraine.

Selon des études économiques, une hausse de 10 € du prix du baril de Brent entraîne une augmentation d’environ 0,25 point d’inflation en France via l’énergie. De plus, une hausse de 10 % du prix de l’énergie se traduit l’année suivante par environ 0,2 % d’inflation alimentaire en Europe. Avec un baril de pétrole qui dépasse désormais de plusieurs dizaines d’euros les niveaux de début d’année, la pression sur les prix alimentaires pourrait s’accentuer, ajoutant plusieurs dixièmes de point à l’inflation déjà observée par l’Insee.

La situation du blé : un indicateur à surveiller

Pour l’instant, le marché du blé montre des signes de stabilité. Depuis le début de 2026, le prix mondial du blé a reculé d’environ 12 %, avec une production record d’environ 842 millions de tonnes. Sur Euronext, le prix du blé meunier tourne autour de 191 € la tonne. Olivier Dauvers considère que cette stabilité est une bonne nouvelle dans ce contexte tendu. Tant que le prix du blé reste bas, la majorité des produits alimentaires sera moins affectée par la hausse des coûts énergétiques, notamment pour les produits surgelés, les plats préparés, les produits laitiers ou ceux stockés sous chaîne du froid.

Le scénario deviendrait plus préoccupant si le prix du blé repartait à la hausse, notamment sous l’effet de l’augmentation des coûts des engrais, du transport maritime ou de risques liés aux exportations depuis la mer Noire. Une énergie durablement coûteuse alourdirait la production agricole, la transformation et la logistique. Si les cours du blé s’envolaient comme en 2022, cela aurait un impact direct sur le prix du pain, des pâtes, des biscuits, ainsi que sur la viande de porc et de volaille nourrie aux céréales. La différence pourrait se chiffrer en plusieurs euros supplémentaires pour un panier de 100 €.

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