Les appels indésirables persistent sur les téléphones de nombreux Français. Lorsqu’un numéro inconnu ou un préfixe étrange sonne, la réaction instinctive est souvent de décrocher, puis de raccrocher rapidement dès que l’on comprend qu’il s’agit d’un démarchage téléphonique.
Ce réflexe peut apporter un soulagement temporaire, mais il joue en réalité en faveur des centres d’appels et des robots. En raccrochant, vous indiquez que votre numéro est actif et réactif, ce qui incite ces centres à vous rappeler plus fréquemment. Derrière cette simple action se cache un système bien rodé qui trie les numéros selon leur niveau d’engagement.
Un phénomène massif mais encadré par la loi
Les chiffres témoignent du mécontentement croissant. Selon un sondage de l’UFC-Que Choisir réalisé en octobre 2024, 97 % des Français sont irrités par ces appels. Certains reçoivent deux à trois sollicitations par jour, d’autres jusqu’à dix. Les technologies de numérotation automatique, qui appellent en rafale depuis des préfixes peu connus, compliquent encore la tâche des consommateurs.
Le cadre juridique a été renforcé. Le démarchage téléphonique n’est autorisé que du lundi au vendredi, entre 10 heures et 13 heures puis de 14 heures à 20 heures. Il est interdit le week-end et les jours fériés. Plusieurs règles s’appliquent également aux professionnels, comme l’interdiction de contacter un même numéro plus de quatre fois en trente jours, ou de contacter les numéros inscrits sur la liste Bloctel. Certains secteurs, comme la rénovation énergétique ou le compte personnel de formation, sont totalement exclus du démarchage.
Pourquoi il faut éviter de raccrocher au nez des démarcheurs
Chaque appel, qu’il provienne d’un centre de contact ou d’un robot, permet à ces systèmes de classer votre numéro. Si vous décrochez puis raccrochez immédiatement, votre ligne reste considérée comme active et réactive. Les centres d’appels peuvent alors décider de vous rappeler plus souvent, dans l’espoir de vous joindre.
Ce principe s’applique également aux campagnes pilotées par intelligence artificielle. Plus un numéro semble « vivant », plus il est priorisé dans les listes de contacts. Selon Benjamin Recher, chargé des relations institutionnelles à UFC-Que Choisir, il est conseillé de laisser passer ces appels et de ne pas y répondre, pour éviter d’être considéré comme une ligne active.
Les bonnes pratiques pour limiter les appels spam
Il existe deux stratégies complémentaires. La première consiste à laisser sonner les numéros inconnus sans répondre. Cela réduit progressivement leur intérêt pour votre ligne. La seconde, si vous décrochez, est de rester bref et poli : indiquer que vous n’êtes pas intéressé, refuser tout engagement et éviter les phrases qui pourraient encourager un rappel, comme « rappelez plus tard ».
Pour réduire encore davantage ces sollicitations, il est recommandé de bloquer les numéros récurrents sur votre smartphone ou votre box, ou d’utiliser des applications de filtrage d’appels indésirables. L’inscription sur la liste Bloctel reste aussi utile, même si certains professionnels la contournent. En cas d’appels intempestifs en dehors des horaires ou de harcèlement répété, il est possible de signaler ces abus sur le site Signal Conso. La loi prévoit également, à partir du 11 août 2026, l’interdiction du démarchage téléphonique sans consentement explicite.
