Un ancien agent des services secrets américains présente une méthode en cinq points pour débusquer le mensonge chez votre interlocuteur. Elle vise à repérer les incohérences au travers du ton de la voix et des formulations utilisées.
«Le mensonge est un vilain défaut» : depuis notre enfance, ce dicton fait loi. Nous y sommes pourtant confrontés tous les jours, comme le démontre l’étude «Lying in Everyday Life» menée en 1996 par la psychologue Bella de Paulo.
Brad Beeler, agent du Secret Service américain pendant 25 ans, affirme pouvoir démonter une fausse histoire à l’aide d’un modèle à suivre constitué de cinq points.
Se focaliser sur le langage corporel n’est pas le meilleur moyen de déceler les fausses déclarations. Il note même que les menteurs soutiennent un meilleur contact visuel que les personnes disant la vérité.
Suivant l’acronyme L.I.A.R.S (acronyme faisant référence au mot «Liars», «menteurs» en anglais), sa méthode de décodage s’intéresse davantage à la bande son vocale. Cette dernière serait susceptible de contenir différents signaux d’alerte vocaux et comportementaux.
Latence
Lors d’un interrogatoire dans les locaux de la CIA, le temps de réponse forme un paramètre crucial : une longue pause avant de répondre à une question fermée appuierait fortement sur l’hypothèse mensongère d’un récit.
Incohérence
Ce point s’attarde sur le décalage entre les mots employés et le langage corporel de la personne. Par exemple, une question fermée répondue par la négative, accompagnée d’un petit hochement de la tête, trahirait une ébullition mentale suspicieuse.
Évitement
Un autre indice se cache dans le vocabulaire employé. Le menteur va souvent tourner autour du pot, employer d’évasives formules, botter en touche. «Lorsqu’une histoire est fabriquée de toutes pièces, les gens ont du mal à revenir en arrière, à avancer rapidement, à repenser aux odeurs, à ce qu’ils ont ressenti», a expliqué Brad Beeler.
Résistance
Une personne sereine sur la véracité de ses propos n’a aucune raison de se tenir sur la défensive. Le menteur, lui, une fois acculé, peut jouer la carte de l’indignation ou inverser l’accusation pour contourner les doutes sur le fond de son récit.
Variation d’inflexion
Les fins de phrase en l’air, le son de la voix légèrement plus aigu ou le faible débit sont des marqueurs de l’incertitude que Brad Beeler indique comme les plus révélateurs de toute forme de culpabilité. Des chercheurs du CNRS ont validé cette proposition en 2021, lors d’une expérience menée auprès de 100 personnes.
L’ancien agent des services secrets recommande toutefois d’utiliser ces signes avec précaution, le but n’étant pas de s’éloigner de ses amis au moindre de ces signaux activés.
