Difficile de profiter d’une vie sexuelle épanouie lorsque l’on déborde de complexes qui nous déconcentrent pendant le sexe. Quatre femmes aux parcours différents racontent leur déclic pour faire la paix avec leur corps, et l’impact que cela a eu sur leur désir, comme sur leur plaisir.
L’ennemi numéro de la libido n’est pas toujours la fatigue, la charge mentale (quoi que) ou un facteur de santé. Parfois, le blocage se trouve dans notre tête et est lié à quelque chose de profondément ancré dans la culture hétéro-patriarcale : les complexes.
Depuis leur plus tendre enfance, les femmes – car même si les hommes complexent aussi, les femmes sont largement plus touchées par ce phénomène – sont soumises à des injonctions concernant leur apparence. Il faut être mince, avoir la peau douce, sans le moindre poil qui dépasse ni le moindre grain de cellulite. Bref, un corps lisse, qui semble sortir tout droit d’un magazine ou d’une publicité, mais sans Photoshop pour obtenir le résultat parfait.
Mais alors, comment lutter contre ces complexes qui peuvent nous gâcher la vie, mais aussi nous gâcher notre rapport au sexe ?
« J’ai fait des photos boudoir »
Maëlys, 36 ans, a longtemps eu un rapport compliqué avec son corps. « Depuis que je suis petite, on me répète que je suis trop ronde, que si je ne perds pas de poids je ne serai jamais désirable, et tout ce genre de choses qui peut te plomber ta confiance en toi. J’ai eu quelques partenaires qui m’ont toujours complimentée, mais j’étais le genre de nana à toujours vouloir faire l’amour dans le noir, ou alors sous les draps, pour ne pas qu’on me voie », confie-t-elle.
Sa solution ? « J’ai décidé de prendre mon courage à deux mains, et j‘ai pris rendez-vous avec une photographe pour faire des photos dénudées. J’ai réservé deux séances : une en sous-vêtements, qui a déjà été un challenge, et une entièrement nue. Je pensais que ça allait être un enfer, mais ça a été libérateur, à tel point que j’ai cru que les photos étaient retouchées. Je ne me reconnaissais pas dessus, c’était fou. Je me suis dit que si je me trouvais si belle nue, les autres devaient pouvoir faire pareil. Me débarrasser de ce complexe m’a permis de ne plus subir ma sexualité, mais de l’apprécier pleinement. »
« J’ai fait une opération qui m’a changé la vie »
Si bon nombre de complexes peuvent venir à l’adolescence, Gina subissait le sien depuis l’enfance. « En tant que femme trans, je souffrais de ce que l’on appelle la dysphorie génitale. C’est-à-dire que non seulement je ne me reconnaissais pas dans mon genre de naissance, mais qu’en plus, le fait d’avoir un appareil génital qui ne me correspondait pas me donnait de terribles complexes. »
Après des années de réflexion, à l’âge de 27 ans, elle décide de faire une vaginoplastie : « Cela m’a permis d’avoir non seulement une vulve, mais aussi un vagin qui est pénétrable. Et, oui, je prends du plaisir aussi bien par pénétration que par stimulation externe de mon clitoris », précise-t-elle. Cette opération lui a définitivement changé la vie : « Avant, je ne supportais pas que mes partenaires me touchent, ce qui limitait ma vie sexuelle. Je ne pouvais pas non plus me masturber. Aujourd’hui, tout a changé, et c’est une vraie libération. Je découvre enfin ce que c’est de prendre du plaisir, et je n’ai aucun regret. »
« J’ai fait de l’épilation au laser »
Garder ou ne pas garder ses poils est un vaste débat, qui revient chaque année sur les réseaux sociaux. Certes, l’épilation intégrale reste une pratique inspirée par la pornographie, et souvent imposée par le male gaze, ce fameux regard masculin. De plus en plus de femmes veulent donc se réapproprier le fait de garder les poils de leur pubis, leurs aisselles, leurs jambes. Mais Alicia, elle, voulait se débarrasser de ceux d’une autre zone.
« Je souffre d’hirsutisme lié à mon syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (anciennement SOPK). Résultat, j’ai du poil au menton. Et je ne parle pas de trois petits poils qui trainent, mais d’un petit bouc bien noir, bien dru, que je dois soit raser quotidiennement, soit épiler tous les dix jours en subissant la repousse peu discrète », avoue-t-elle.
« A force, ça me gâchait ma vie amoureuse et sexuelle, parce que j’avais peur que mes partenaires s’en rendent compte, notamment s’ils restaient dormir et qu’ils se réveillaient avant que je ne puisse me raser et me maquiller. Alors j’ai fait de l’épilation au laser, pour m’en débarrasser. Ça a pris un peu de temps, mais wahou, ça a tout changé. »
Source : Marie Claire
