8 juillet 2026

« Au lit, je fais l’étoile de mer » : et si on arrêtait de culpabiliser face à cette prétendue passivité sexuelle ?

Longtemps, les femmes se sont vu reprocher leur passivité au lit, accusées de faire « l’étoile de mer ». Et si on en finissait avec ce cliché misogyne qui recouvre bien d’autres réalités qu’une prétendue flemme ou un désintérêt pour la sexualité ?

Si le missionnaire est l’une des positions préférées des Françaises, ce n’est pas pour rien. Pendant longtemps, de nombreuses femmes se sont mises la pression au lit, quitte à vouloir offrir des performances dignes d’une gymnaste en enchaînant les positions les unes après les autres.

L’objectif ? Éviter à tout prix de « faire l’étoile de mer », c’est-à-dire être passive au moment de la pénétration, rester allongée sur le dos, et laisser l’homme – car ce reproche existe presque exclusivement dans les relations hétérosexuelles – faire tout le travail.

Or, dans les faits, les choses sont bien différentes.

Pourquoi il faut en finir avec le mythe de l’étoile de mer

Face à cette expression, Lina, 36 ans, est particulièrement remontée. « Je crois que j’ai commencé à l’entendre au lycée, à l’époque des premiers rapports sexuels, et c’était utilisé pour décrire les femmes qui avaient peu d’expérience, et avaient tendance à se laisser faire. Puis, pour les femmes qui ne voulaient pas multiplier les positions acrobatiques. Bref, ça a toujours été quelque chose de très péjoratif« , regrette-t-elle.

Gina, 27 ans, partage cet avis : « C’est une preuve de plus qu’on ne peut pas gagner. Soit on est des étoiles de mer, soit on est des sal*pes. Dans tous les cas, notre attitude au lit est jugée, pas celle de nos partenaires masculins », dénonce-t-elle.

Pour Fanny Gueugnon, sexologue, il est grand temps d’en finir avec cette expression, et surtout avec le mythe de l’étoile de mer, sexiste et misogyne. « Ce terme est souvent utilisé de façon péjorative pour désigner une personne jugée trop passive pendant les rapports sexuels. Or, en consultation, les choses sont rarement aussi simples. On confond souvent manque de mouvement et manque de désir, alors que ce sont deux réalités très différentes », explique-t-elle. Et elle précise : « Certaines personnes prennent du plaisir en se laissant guider, en étant davantage dans les sensations que dans l’action. D’autres, au contraire, peuvent sembler passives parce qu’elles sont anxieuses, préoccupées par leur image, ou parce qu’elles ont appris à mettre leurs propres envies au second plan. »

« Si elle fait l’étoile de mer, c’est qu’elle n’a pas envie »

La spécialiste l’affirme par ailleurs : « Le problème avec cette expression, c’est qu’elle colle une étiquette sans chercher à comprendre ce qui se joue réellement. La question n’est pas de savoir si une personne est ou non une « étoile de mer ». La vraie question est plutôt : est-ce que cette façon de vivre la sexualité lui convient, et convient à ses partenaires. »

Gina est une fois de plus formelle : « Pour moi, si une femme fait l’étoile de mer, c’est sans doute parce qu’elle n’a pas envie d’être là : soit parce qu’elle n’était pas dans le mood pour un rapport et qu’elle se force pour faire plaisir à son partenaire, soit parce que la pratique ne lui plaît pas. En tout cas, c’est mon expérience. Et je trouve que les mecs ne se posent pas forcément la question de pourquoi leur partenaire peut être passive dans ces moments-là. Et ça, c’est un vrai problème, parce que ça vient aussi toucher à la question du consentement. »

Fanny Gueugnon précise : « Ce qui me paraît intéressant, c’est de se demander ce qu’il y a derrière cette passivité. En consultation, je rencontre parfois des personnes qui n’osent pas exprimer leurs envies, qui ont peur de déranger, de décevoir ou qui se sont tellement habituées à faire passer les besoins des autres avant les leurs qu’elles peinent à prendre leur place dans la sexualité. »

Ne pas faire l’étoile de mer, une injonction supplémentaire

Fanny Gueugnon le rappelle : en matière de sexe, au sein du couple hétérosexuel, les femmes sont constamment soumises à des injonctions, que ce soit celle de la performance, celle de l’orgasme à tout prix, ou celle qui leur dit d’être démonstrative, pour montrer à leur partenaire qu’elles prennent du plaisir, qu’il fait bien son travail.

« On a aussi parfois tendance à considérer qu’une personne investie sexuellement est forcément une personne démonstrative. Pourtant, certaines personnes vivent leur plaisir de façon beaucoup plus intérieure. Les représentations véhiculées par les films, les séries ou encore certains contenus pornographiques peuvent nous faire croire qu’un désir ou un plaisir authentique doit forcément se voir. Le risque, avec ce type d’étiquette, c’est de créer une nouvelle injonction : celle de devoir prouver son désir ou son plaisir », explique-t-elle.

Ce qui rassure amplement Floriane. « Je suis une personne assez peu vocale au lit : je ne parle pas, je gémis peu, je suis silencieuse, et on me le reproche beaucoup. Mais c’est la seule façon que j’ai d’avoir des orgasmes : il faut que je puisse me concentrer pleinement sur mon plaisir pour pouvoir jouir. »

Lire la suite…

Source : Marie Claire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *