10 juin 2026

Un Facteur viré après 42 ans pour avoir ignoré les règles pour aider ses clients

À Vevey, dans le canton de Vaud, un facteur proche de la soixantaine a perdu son emploi après 42 années de service chez La Poste suisse. Jean-Daniel a été licencié en février 2026 pour avoir continué à monter des colis jusqu’au premier étage des immeubles, malgré une interdiction claire de ses supérieurs.

Ce facteur incarne un conflit entre les règles internes de l’entreprise et la volonté de protéger les clients. Dans une interview accordée au journal 24 Heures, il explique qu’il a délibérément ignoré ces consignes pour sécuriser les livraisons, notamment après plusieurs vols dans les halls d’immeubles. Au lieu de laisser les colis dans l’atrium, il montait lettres et paquets à l’étage, estimant agir pour le service public. Son contrat a été officiellement résilié le 31 mai 2026, après une longue carrière marquée par cette divergence.

Une carrière de plus de quarante ans chez La Poste

Entré dans la société dans les années 1980, Jean-Daniel a connu toutes les évolutions du métier de facteur à Vevey, sur la Riviera vaudoise. Il admet avoir « consciemment ignoré » plusieurs directives qu’il considérait contraires à l’intérêt des clients, selon le récit relayé par La Dépêche du Midi. Pour lui, monter d’un étage faisait partie intégrante de ses devoirs.

Les nouvelles consignes, visant à déposer certains colis dans le hall pour gagner du temps, ont été à l’origine de ses résistances. La crainte de vols dans ces espaces l’a conduit à continuer de livrer directement aux étages, qu’il jugeait plus sûr. Il évoque également un environnement de travail difficile, marqué par des réorganisations locales et une pression accrue sur les délais.

Livraison aux étages, enjeux de productivité et vols

Ce cas s’inscrit dans une stratégie plus large menée par La Poste pour améliorer sa productivité. En 2025, l’entreprise a traité près de 187 millions de colis, une hausse de 3,7 % par rapport à 2024. En parallèle, le volume de lettres a diminué de 4,2 %, atteignant 1,49 milliard d’unités. La Poste cherche à rationaliser ses tournées avec des processus comme le « X/Y », qui consiste à distribuer certains envois à des jours alternés.

Les syndicats dénoncent ces mesures, estimant qu’elles réduisent le temps consacré au contact avec les habitants. Un facteur expérimenté, qui continue à livrer directement aux étages, se trouve ainsi en conflit avec les protocoles. Jean-Daniel avait déjà contesté une réorganisation locale, jugée néfaste pour les équipes et la qualité du service.

Soutien syndical et options pour les usagers

Le syndicat Syndicom, représentant les employés de La Poste suisse, a condamné le licenciement de Jean-Daniel, le qualifiant d’« injustifié et abusif ». Il a annoncé son intention de saisir le tribunal de prud’hommes pour demander sa réintégration. La Poste a, quant à elle, refusé de commenter ce cas précis, affirmant que ses directives visent à assurer un service fiable, adapté aux nouveaux volumes et aux enjeux de sécurité.

Pour les habitants inquiets de vols dans leur hall, plusieurs solutions existent. Le portail en ligne « Mes envois » permet notamment de donner une autorisation de distribution ou de choisir un lieu de dépôt précis. Des options comme les services PickPost ou les casiers automatiques offrent également un retrait sécurisé en dehors de l’immeuble. Concrètement, un usager peut :

  • paramétrer un lieu de dépôt inaccessible depuis la rue ;
  • choisir un point de retrait PickPost ou un automate My Post 24 ;
  • demander une remise contre signature pour les envois sensibles.

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