23 avril 2026

La peur des parents face à la santé mentale des enfants explose sur TikTok

De nombreux parents en France vivent dans une vigilance constante pour la sécurité de leurs enfants. Ils craignent le harcèlement scolaire, les accidents ou encore les mauvaises notes. Selon Psycom, environ un enfant sur huit en France souffrirait déjà d’un trouble psychique, ce qui représente près de 1,6 million de jeunes, d’après une synthèse des données de l’UNICEF.

Dans ce contexte anxiogène, une psychologue espagnole, Pilar Sousa, a publié une vidéo devenue virale sur TikTok. Elle y affirme qu’« il n’y a rien de pire pour la santé mentale d’un enfant que de l’empêcher de se confronter directement au monde réel ».

Les conseils de Pilar Sousa

Pilar Sousa, psychologue spécialisée dans le développement personnel et la parentalité, insiste sur le fait que les enfants ont besoin d’expérimenter des déceptions et des situations difficiles pour développer leurs outils émotionnels. Son message rejoint plusieurs études qui montrent que l’hyperprotection parentale peut augmenter l’anxiété et fragiliser la santé mentale des jeunes, de l’adolescence à l’âge adulte.

Les risques de l’hyperprotection

Dans sa vidéo, Pilar Sousa explique que certains parents surveillent tout, décident de tout et préparent tout, croyant bien faire. Elle résume leur attitude : en empêchant l’enfant d’être confronté à des difficultés, on risque de le rendre incapable d’agir de façon autonome et responsable. Doctissimo parle d’« hyper-parentalité » pour décrire cette surprotection, le contrôle excessif et l’investissement constant dans la vie de l’enfant.

Pour la psychologue, protéger un enfant ne signifie pas lui éviter chaque chute, conflit ou mauvaise note. Au contraire, il doit expérimenter, faire des erreurs et apprendre à les réparer pour gagner en confiance. Elle avertit que trop d’accompagnement peut finir par étouffer l’enfant, ce qui peut avoir des conséquences négatives sur son estime de lui-même.

Les études sur la surprotection et la santé mentale

Ces recommandations sont confirmées par plusieurs études. Une publiée dans le Journal of Social and Personal Relationships a examiné 278 adolescents de 14 à 17 ans. Les chercheurs y constatent qu’une surprotection parentale est liée à une anxiété sociale accrue et à une difficulté à gérer ses émotions.

Une autre étude, menée à l’Université McGill et publiée dans Development and Psychopathology, a suivi 240 étudiants de première année. Les résultats montrent que ceux issus de parents très protecteurs présentent une anxiété plus importante face aux événements stressants de la vie universitaire, ainsi qu’une capacité de régulation émotionnelle moindre. En résumé, un enfant à qui tout est épargné risque de devenir un adulte peu préparé à faire face aux imprévus.

Comment protéger sans étouffer son enfant ?

Pour éviter ce cercle vicieux, certains pédopsychiatres, comme Stéphane Clerget, recommandent de rétablir progressivement l’autonomie de l’enfant. Il s’agit d’accorder des marges de liberté adaptées à son âge. Laisser un enfant aller seul à la boulangerie, gérer un petit conflit avec un ami ou préparer son sac seul sont autant d’exercices qui favorisent la confiance.

En cas d’angoisse excessive, que ce soit pour le parent ou l’enfant, il est conseillé de consulter un psychologue ou de se tourner vers un espace d’écoute parental. Cela peut aider à ajuster la façon de protéger tout en laissant l’enfant se développer harmonieusement.

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