12 janvier 2026

Les secrets d’une négociatrice du RAID pour sauver des vies

Tatiana Brillant, ancienne négociatrice du RAID, dévoile ses méthodes pour sauver des vies

Sur M6, Tatiana Brillant, ancienne négociatrice du RAID, adopte un ton calme et posé. Elle explique comment elle a appris à dialoguer avec des hommes retranchés, parfois prêts à en finir. Pendant treize ans, cette officier a été appelée sur des situations tendues, allant des quartiers bouclés aux attaques terroristes. À chaque intervention, une question revient : comment ramener un forcené à la vie sans franchir la ligne rouge ?

Elle évoque également ses expériences, notamment la prise d’otages de Magnanville où un couple de policiers a été tué, ou encore son entrée au Bataclan lors des attaques de 2015. Dans ses interventions, elle doit faire face à des individus barricadés ou des terroristes, mais sa méthode reste la même. Elle explique ses techniques dans son livre La Voix du Raid : négocier pour sauver des vies.

La priorité : stabiliser la situation

Après avoir rejoint le RAID en 2004, après des études de droit, elle a été formée à la négociation à Scotland Yard et en Afrique du Sud. Elle résume sa mission : « L’idée, c’est de stabiliser une situation ». Sur RTL, elle précise que l’objectif est de faire diminuer la pression, de calmer le forcené, et de poser un cadre avant toute décision.

Pour cela, elle adapte sa propre attitude. « On privilégie la douceur, un ton plus bas et un débit lent, pour que notre interlocuteur se cale sur notre rythme », explique-t-elle. Même leur matériel envoie un message apaisant : les négociateurs ne sont pas armés, car cela pourrait envoyer un signal agressif. Certaines négociations durent plusieurs heures, parfois jusqu’à seize, si l’interlocuteur conteste chaque mot.

L’écoute, la clé du succès

Au cœur de cette approche : l’écoute. Tatiana Brillant insiste sur ce point : « Écouter, ce n’est pas pour trouver une faille, mais pour comprendre ce qui se passe et voir comment s’insérer dans l’histoire de la personne pour créer un lien ».

Sur RFI, elle ajoute que beaucoup pensent qu’un individu retranché est forcément fou. Pourtant, une grande majorité sont rationnels et ne présentent pas de pathologie. Elle a même suivi une formation en psychologie et psychiatrie criminelle pour mieux comprendre ces profils.

Quant aux terroristes, la méthode reste la même. « On négocie avec eux comme avec d’autres forcenés », affirme-t-elle. « Il ne faut pas rentrer dans leur idéologie, ce n’est pas le sujet. L’objectif est de les convaincre ». Lors de l’attaque du Bataclan, un otage a pu demander à parler, mais l’assaut a été lancé avant qu’elle ne puisse prendre le téléphone. Elle raconte que les terroristes attendaient que le RAID ou le GIGN soit présent pour déclencher leur ceinture d’explosifs, prêts à mourir en entraînant éventuellement les policiers.

Une pionnière du RAID, aujourd’hui dans le monde de l’entreprise

Devenue la deuxième femme à intégrer le RAID en tant que négociatrice, Tatiana Brillant a dû s’imposer dans un environnement très masculin. Elle considère aujourd’hui la diversité comme une force opérationnelle. Elle explique : « Plus il y a de mixité, plus on a de chances d’avoir le meilleur interlocuteur ou la meilleure interlocutrice à l’instant T. La diversité, qu’elle soit de genre ou d’horizons, est une richesse pour une équipe ».

Après sa carrière dans le domaine public, elle a créé une société de conseil spécialisée dans la négociation et l’accompagnement des salariés dans leurs contrats. Elle conclut avec un sourire : « En dehors des enjeux légèrement différents, nos techniques sont quasiment identiques ».

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