Certaines personnes pleurent facilement, même devant une vidéo de chiots. Cette sensibilité accrue n’est pas uniquement une question de personnalité ou d’éducation. En réalité, environ 30 % des Français seraient hypersensibles, selon une étude. Les femmes pleurent en moyenne 2,7 fois par mois, tandis que les hommes le font environ une fois tous les 30 jours, d’après un sondage réalisé auprès de 5 000 personnes dans 35 pays.
Où observe-t-on le plus de pleurs ?
Une étude a révélé que les personnes pleurent davantage dans les pays riches et démocratiques, qui valorisent l’individualisme. À l’inverse, dans les pays en difficulté, la fréquence des pleurs est moins élevée. Avoir la liberté d’exprimer ses émotions joue donc un rôle important dans cette sensibilité.
Les facteurs biologiques et génétiques
Au-delà de l’environnement, des raisons biologiques expliquent aussi cette tendance. Des facteurs épigénétiques et hormonaux influencent la façon dont le cerveau traite les émotions. Par exemple, certaines personnes ont un niveau de cortisol (l’hormone du stress) plus élevé et une amygdale plus réactive, la zone du cerveau qui détecte et interprète les émotions. Cela rend leur cerveau plus sensible aux situations émotionnellement intenses ou menaçantes.
Cette hyperactivité de l’amygdale entraîne des réactions émotionnelles plus rapides et plus fortes. Le cortex préfrontal, qui régule ces émotions, peut aussi être débordé. Si cette partie du cerveau ne parvient pas à calmer l’émotion, celle-ci devient plus brute et envahissante. En conséquence, le corps réagit aussi plus intensément, avec une accélération du rythme cardiaque, une montée d’adrénaline et une réponse accrue au stress.
Une influence génétique
La génétique joue également un rôle dans cette sensibilité. Certaines variations de gènes liés à la régulation des émotions, notamment ceux impliquant la sérotonine ou la dopamine, peuvent influencer la façon dont nous ressentons nos sentiments. Des recherches montrent que 40 à 60 % des traits de personnalité, comme l’introversion ou le névrosisme, ont une origine biologique. Cela explique pourquoi certaines personnes pleurent plus facilement que d’autres.
L’environnement, un facteur clé
Enfin, l’environnement dans lequel on grandit peut renforcer cette hypersensibilité. Évoluer dans une famille où les émotions sont très exprimées ou où la tristesse et la joie suscitent des réactions fortes peut créer des schémas émotionnels durables. De même, vivre dans un climat d’anxiété ou de dépression peut accentuer cette sensibilité. Selon l’expert, l’hypersensibilité résulte souvent d’un mélange entre facteurs biologiques et influences psychiques liées à l’environnement.
Il est important de noter que cette hypersensibilité n’est pas forcément un défaut. Elle peut même devenir une ressource si l’on apprend à mieux gérer ses émotions. Un travail thérapeutique peut aider à transformer cette sensibilité en force, en identifiant ce qui la déclenche et en apprenant à la réguler.
